Ce soir, une jolie princesse a pris un bain, s’est coiffée et maquillée. Elle a revêtu cet ensemble de dentelle noire que Pierre aime tant. Et elle s’est endormie, comme ça, en attendant qu’il vienne la réveiller. Mais pas seul, non, cette nuit, elle veut que Pierre la tire de son sommeil en lui présentant une nouvelle conquête. Elle veut la plus jolie fille qu’il puisse trouver, et Pierre ne peut pas la décevoir. Mais tout cela, Pierre l’a oublié au pire des moments.
Pierre est un sombre crétin. Vous savez désormais pourquoi. Et lui aussi.
Mais il est trop tard pour espérer revenir dans le paradis rouge qu’était le bar de lesbiennes. Trop tard, parce qu’il fait déjà la queue pour rentrer au Perchoir. Les filles ont insisté, elles en ont marre des bars glauques, elles veulent du sophistiqué, du classieux, du cool. Alors, puisque ce n’est pas loin, les garçons ont décidé de les inviter à boire des bouteilles de blanc sur le toit du BHV. Pour l’instant, ils attendent dans la tiède moiteur d’une nuit de printemps parisienne.

Paris en bouteille
Thomas de Just

Pierre Pellissandre, jeune homme rangé, se prépare à passer une soirée comme les autres en compagnie de ses plus fidèles amis. Mais la nuit prend une tournure inattendue lorsque la belle Camille met son amour à l’épreuve en lui confiant une mission très spéciale.

Odyssée dans le Paris d’aujourd’hui, aperçu d’une jeunesse urbaine qui s’amuse comme elle peut, ce périple nocturne s’avèrera riche en enseignements pour Pierre.

Jules a été incinéré à New York. Ses cendres sont là, dans le sac de voyage que Marcello a posé dans le hall tout à l’heure. Elle hésite un moment, pourquoi ne pas conserver l’urne près d’elle cette nuit ? En fait non, il lui semble qu’il vaut mieux la monter dans la chambre qu’il occupait quand il décidait de dormir ici, à la Tenuta.
Elle revient dans la bibliothèque, prends son sac à main et en sort une lettre. Elle l’a trouvée dans son courrier quand elle est rentrée à Paris. Ça lui a fait un choc de reconnaître l’écriture de Jules sur l’enveloppe. Elle n’en a pas parlé à Marc ni à Gaëtane ou Marjorie. Elle sait qu’elle ne le fera pas. Elle veut encore une fois les préserver.
Elle ouvre le secrétaire de son père et prend un bloc de papier armorié. Elle va écrire à Jules, comme elle se l’est promis, elle en a pour toute la nuit, et au matin elle ira sur la terrasse avec Marjorie et Gaëtane, Marcello et la mère de Marcello. Marc sera là, elle en est certaine à présent.
Peut-être qu’écrire l’aidera. A retrouver ce fils qu’elle a perdu en voulant le protéger d’une vérité qu’elle croyait trop pénible à vivre.

L'ultime Lettre
Pierre Rouy-Cartier

La famille est souvent considérée comme un lieu d’épanouissement pour chacun, mais quand il y a des secrets et des non-dits qui distillent sournoisement leur poison dans les méandres des relations, l’irrémédiable peut survenir.

Vous allez découvrir dans L’ultime lettre de Pauline à son fils Jules au travers d’un enchaînement inéluctable de faits et de sentiments, les enjeux cachés d’une vie égarée dans la préservation des apparences.

L’ultime lettre est un roman qui ne vous laissera pas sans réflexion sur la vérité et la sincérité des sentiments d’une mère à l’égard de son fils.

Surprise, elle accepta de céder au désir innocent de son visiteur. Rien en lui ne fut sexuel. Il voulait juste de la douceur.
– Vous êtes belle ! soupira-t-il, d’une voix douce et ébahie.
Elle sourit et porta son doigt contre sa bouche afin de l’inviter à ne pas parler, comme pour lui dire :
– Ne dis pas de bêtises. Savoure.
Puis elle se pencha et posa un baiser sur son front, ses longs cheveux répandus tout autour de son visage, tandis que sa main continuait d’effleurer son bras. Lorsqu’elle sentit la respiration de Julien ralentir puis un ronronnement naître, indiquant qu’il était en train de s’assoupir, Bérénice se dégagea du matelas. Assise sur une chaise, c’était elle qui s’offrait ce privilège. Elle constata que le visage du jeune homme était apaisé. Ses traits étaient fins et harmonieux. Comment s’appelait-il déjà ? Elle avait oublié.
Après quelques minutes, elle décida de le réveiller avant qu’il ne sombre dans un sommeil profond. Il fallait libérer la chambre, même si aujourd’hui ce n’était pas l’affluence. Il eut du mal à se remettre en ordre mais, en la quittant, il eut envers elle un dernier geste interdit. Avec une vivacité qui la surprit, il déposa sur ses lèvres un baiser reconnaissant.

La Cabane
Philippe Leclercq

Julien et Bérénice se donnent rendez-vous chaque mardi midi dans un lieu étrange, le Dôme.

Là, dans la chambre douze qu’ils baptisent La Cabane, le jeune homme et la prostituée s’aiment en secret.

Un amour contraint et douloureux, limité à deux heures de bonheur chaque semaine.

Jusqu’au jour où l’énigmatique Bérénice déclare à son compagnon tourmenté que leur amour va pouvoir devenir réalité, affranchie et éternelle.

Mais quelque chose de calme et de tendre l’avait depuis enveloppée. Plus tard. Quelque chose de simple et silencieux, qui demeurait radieux, étale et presqu’irrépressible. Qui se blottissait dans une main encore fine, un peu flétrie et amaigrie, cette main qui cherchait la sienne et dont elle se saisissait souvent. Celle de ce compagnon avec lequel, au bout du temps, elle avait su dépasser les heurts, pourtant douloureux, parfois violents, parfois humiliants, lors de soulèvements passionnels qu’ensemble ou séparément ils avaient traversés, mais qui n’avaient jamais abouti à les séparer. Ensemble ils étaient restés, malgré leur éventuelle solitude intérieure, ensemble ils avaient continué, s’emparant sans regret des chaos que la vie amoureuse d’elle-même semait sur leurs chemins.
Il avait fallu dépasser les vanités insidieuses de la sottise et des idées reçues, tous ces présupposés grossiers et banals que la morale sociale véhiculait dans sa cruauté vulgaire. Il avait fallu, ensemble, adopter une posture plus généreuse, plus aimante devant les vicissitudes d’une vie qui aime vivre.

D'autres rives, d'autres vies
Charlie G

Alors que Caroline passe des vacances heureuses à San Francisco, en compagnie d’Alexandre, son compagnon de vie, celui-ci décide brusquement de ne pas rentrer avec elle à Paris.

Choquée, désorientée, Alexandre se refusant à toute explication, Caroline s’engage à son retour dans une recherche insatiable de liberté, pour échapper à son désarroi.

Les questions qu’elle se pose restant sans réponse, elle traque les mots qui clarifient sa pensée, dans ses souvenirs, au travail, dans la littérature et les musées, en voyage, dans l’amitié…

Et malgré l’obsession du chagrin qui ne la quitte pas, elle découvre que son monde s’élargit et que son désir de vivre explose et l’entraîne vers d’autres rives, d’autres vies

Le train a démarré presque aussitôt. Je n’avais pas envie de parler, l’homme non plus apparemment car il a sorti un livre de son sac et a plongé le nez dedans. C’était Crime et châtiment de Dostoïevski.
Les paysages défilaient : les routes au loin, les champs, les maisons, les clochers d’église, les montagnes, les pâturages, les sapins, les vaches, les moutons, les tracteurs…
C’était la première fois que je quittais mon Jura natal. Mon cœur battait de joie, et pourtant je ressentais un pincement au cœur en pensant à Lili. Je m’étais enfuie et dans mon égarement je l’avais laissée là-bas.
Ma poupée était mon bien le plus précieux. Je ne pouvais plus faire marche arrière pour la récupérer. J’avais le cœur lourd, j’ai pressé mon petit sac à main en simili cuir contre ma poitrine.

Hier, il sera trop tard
Geneviève Steinling

Marie-Jeanne a dix-huit ans quand on enterre son père. Le jour des obsèques, les souvenirs où punitions et humiliations étaient monnaie courante refont surface. Elle veut tout oublier. Elle s’enfuit et rencontre Jean-Jacques, un quinquagénaire qui lui propose de l’héberger. Dès la première nuit, elle est hantée par le fantôme de Madeleine, la fille de son hôte, morte trois ans auparavant, elle change d’identité et devient le clone de la jeune fille. Tout lui est permis sauf de monter au grenier.

Quel est le secret qu’on lui cache ?

Elle dévisagea son interlocuteur, étonnée de le découvrir beaucoup plus jeune qu’elle ne se l’était imaginé. De petites ridules présentes au coin de ses yeux foncés laissaient deviner qu’il devait être proche de la quarantaine, sans toutefois l’avoir atteinte. Son épaisse chevelure brune et ses fossettes aux creux de ses joues lui donnaient un air sympathique. Le tout faisait de lui un assez bel homme d’ailleurs. Elle se leva gênée et fit tomber le manuscrit, oubliant qu’il était posé sur ses genoux. Elle le ramassa en lâchant un juron.
— Vous êtes Léonard ? dit-elle, surprise. Je suis vraiment désolée. Je ne voulais pas… enfin, je ne l’ai pas fait exprès… balbutia-t-elle perdant le fil de sa phrase.
— Je suis Vincent Spinozi. Léonard Deswarte est mon oncle. Il s’excuse, mais il n’a pas pu venir. Il m’a chargé de récupérer son manuscrit à sa place, précisa-t-il en la surplombant.

Du vin sur les lèvres
Sonia Dron

Nina, secrétaire, ouvre par erreur une enveloppe contenant un manuscrit relatant la vie d'une certaine Rose. Elle donne rendez-vous à l'auteur pour lui remettre ses écrits. Une fois arrivée à l'endroit convenu, ce n'est pas lui qu'elle rencontrera, mais l'un de ses proches.

Nina, qui rêve d'une vie modèle, est loin de s'imaginer que sa vie va prendre une autre tournure.

Doute, mensonge, trahison et désir se mettront en travers de son chemin. Mais réussira-t-elle à sortir indemne des choix qu'elle aura à faire ?

La grand-voile se dépliait peu à peu, tandis que je nouais l’écoute au taquet, je n’avais pas remarqué la femme, une mère qui tenait son bébé dans les bras, une petite valise à roulettes à côté, un sac à dos, le foulard sur la tête ne pouvant cacher une épaisse chevelure noire. Elle me regardait en désignant mon bateau. J’ai horreur de ça. Je veux qu’on me cause d’abord, même dans une langue étrangère. Une réfugiée, ai-je pensé aussitôt. Ou une terroriste en fuite ? L’enfant étant une leurre. Et elle voulait que je l’embarque ? Je lui fais un signe de la main et je secoue latéralement la tête en signe de refus.

Issue de voiles
Yannick Girouard

Quand Yohanna, réfugiée d’Érythrée, demande au capitaine Armand de la faire traverser clandestinement elle et son nourrisson jusqu'en Angleterre, il hésite mais accepte, malgré la présence à bord d'une famille en crise. S'engage alors une traversée tumultueuse où les protagonistes, prisonniers d'une cohabitation dramatique, se confrontent, se (re)découvrent, s'aiment. A travers les liens qui unissent nos personnages, Issue de voiles questionne intelligemment notre société contemporaine.

Hertfordhall, le 14 avril 1621

Cela fait une semaine maintenant que je suis enfermée dans cette petite chambre. Elle est encore moins chaleureuse qu’une cellule de nonne. Un châlit de bois rudimentaire, une petite chaise et une table. C’est tout. Je ne sais pas pourquoi le Comte m’a faite enfermer. Je ne crois pas avoir fait quoi que soit pour le contrarier. D’ailleurs, je ne le vois pas. Pas une fois, il n’est passé me voir.

Mon seul contact avec l’extérieur est la gouvernante, Hazel. Elle aussi me fait peur, elle est d’une laideur repoussante et me regarde avec un air mauvais et suspicieux. Elle vient m’apporter mes repas, de l’eau pour ma toilette, et changer mon seau. Elle ne me dit pas un mot.

Le Médaillon d'Émeraude ** - La Chambre Écarlate
Anne-Sophie Le Bris

Printemps 1660, Emma, dévastée par un drame récent, quitte le Médoc pour rejoindre Londres, alors que Charles II s’apprête à rentrer en Angleterre pour y restaurer la monarchie.

C’est finalement à Hertfordhall, le domaine familial de Jack, qu’Emma trouve refuge.

Parviendra-t-elle à se reconstruire et à lever le voile sur les terribles secrets du vieux manoir abandonné ?

Comment ce beau rêve s’évanouit-il ? Comment les acclamations de l’avènement se changèrent-elles en murmures, puis en malédictions ? Comment une reine adorée de tout un peuple perdit-elle son affection avant de mourir de sa haine ? Comment celle qui paraissait douée pour relever le prestige de la Monarchie aida-t-elle à en précipiter la chute ? C’est là un des plus tristes problèmes de l’histoire, mais qui ne demande, pour être résolu, que de l’impartialité et de la franchise.

Marie-Antoinette
Pierre de Nolhac

Pierre de Nolhac attaché puis conservateur du musée national de Versailles de 1886 à 1920, est de fait le premier biographe de Marie-Antoinette. Membre de l’Académie française décédé à soixante quinze ans le 31 janvier 1936 au musée Jacquemart-André à Paris, il venait de confier à la librairie Plon le soin de publier la présente édition bibliophilique afin de laisser à la postérité la quintessence de ses recherches d’historien et d’historien de l’art sur Marie-Antoinette, terminant son opus par une phrase bien révélatrice de l’auteur :

« Le peuple se demande déjà ce qu’a gagné la République à tuer cette femme. »

Devant l’amphi Milka fait sensation. Ben l’a assise à côté d’elle sur le grand bureau magistrale.
« J’espère que vous êtes en forme pour cette après-midi. Je suis venue avec Milka que vous avez vue ce matin dans le film. »
Tous les yeux sont rivés sur la gorille seulement vêtue de son chapeau rouge qui la rassure. Ben sent néanmoins son malaise.
« Posez lui vos questions, je traduirai. »
La salle reste quelques instants silencieuse, plongée dans l’incompréhension à l’idée de cette communication inter-espèce et ne sachant surtout quoi demander à un « singe. » C’est la jeune fille du matin qui se lance :
« Comment t’appelles-tu ? »
Ben traduit avec ses mains et tandis que Milka la regarde consciencieusement, elle la voit qui se met à lever la tête au plafond et retrousser ses babines à mi-chemin entre le sourire et le rire. Elle répond du tac au tac :
« Milka et toi ? »
La jeune fille rougit tout à la fois interloquée par la répartie et gênée de donner son nom à un singe :
« Joséphine. »

Syndrome O
Bénédicte Vidor-Pierre

Primatologue, Ben entretient une relation très particulière avec les grands singes qui occupent le zoo où elle travaille.

Malgré son asociabilité, elle est liée avec la fêtarde et libertine Châle, et Marie-Céline, un peu cruche mais attachante.

Le quotidien de ces trois femmes s’enracine, au fur et à mesure, au cœur de la frontière entre l’Homme et l’animal qui s’avère de plus en plus trouble.

Il y avait tellement de manipulations, qu’une boue s’était mélangée au paysage, entravant ainsi la vue de Bubulle qui perdit des yeux ses objets brillants. Il allait dans la direction des objets qui se laissaient voir par moment quand la boue se dissipait. Inconscient, il ramassait des objets pour son devoir. Il en trouvait pleins, avec des noms bizarres inscrits dessus. Tellement pris dans sa découverte, il en oublia sa peur. Les engins continuaient à faire de la boue : plus moyen de trouver la sortie avec ses nageoires pleines, ni de retourner dans la voiture pour montrer tous cela à son père. Prisonnier dans un nuage noir et épais, une pelle géante l’emportait vers le haut de la surface de la mer. Bubulle étourdit et agonisant du manque d’eau et d’oxygène, se retrouvait sur un tapis roulant qui l’emmenait encore plus vers les humains. Le tapis s’arrêtait sur une machine scannant les objets pour les trier, il se sentit transporter et retrouva le souffle de la vie dans un verre d’eau de mer. Il était fait prisonnier.

Un poisson qui voulait marcher
Florance Tedeschi

Tout au fond de l’océan, se trouve un petit village concentré de poissons magnifiques, aux reflets d’arc en ciel. Une famille vit là-bas, avec un seul enfant rescapé d’une mauvaise ponte. Il est si petit que ses parents le couvent trop, et en ont fait un trouillard. Mais un jour, lors un devoir maison à faire pendant son temps libre, le petit se fait enlever, pour ensuite vivre dans le monde des humains. C’est à ce moment-là, qu’une équipe de cinq aventuriers est choisie, pour une expédition sur la terre des hommes dans une machine robotisée. L’aventure commence ainsi, avec les pièges et les casse-têtes pour éviter les êtres vivants terrestres seront rudes, il faudra qu’ils se cachent au moindre bruit.

Une touche de magie venue de nulle part, leur sera utile.

Jugulo Gentleman était le fils, cadet, de Pulap Evariste Gentleman. Long en bouche, charmant et pastoral. Plutôt habile de ses doigts courtauds, jamais en reste à remonter au front des choses. De grandes boucles d’un châtain clair, aériennes et tirebouchonnées, des reflets dorés sur tranche, une épaisse tignasse de bagarreur. Un gringalet accrocheur, taillé comme un p’tit LU, passé maître dans la castagne. Les coups pleuvaient comme vache qui pisse. Mais ça, c’était forcément avant le KO ! Deux baguettes moulées en guise de guibolles, lacérées à la lame de rasoir, croustillantes et savoureuses. L’arôme persistant des douceurs enfantines, un sparadrap à chaque genou, une course échevelée, un contre-pied instinctif, si haut perché que la terre était basse.
Sur le bout de la langue, rien dans les brandillons, très en canne pour riper au plus pressé, Jugulo Gentleman, chicaneur aux grands sentiments, généreux dans les entourloupettes foireuses, vif dans la première taloche. Rapide de l’invective, au plus près de l’esquive. Le patron d’une bande à minables. Rien qu’à trainer jusqu’à plus soir.

Que la terre est basse
Laurent Chevalier

Épicier, cuisinier, marin, fils de son père, marabout, fondateur d’une clinique du plaisir… Voici une partie des facettes de Jugulo Gentleman, fils de Pulap Evariste Gentleman, aussi appelé GEP. À eux deux, ils ont rencontré une bonne moitié des femmes de cette planète, occupé des postes saugrenus et connu les joies de l’incarcération. Tout ceci mène Jugulo à être classé monument de l’humanité et à comprendre que le plus important est la relation d’un fils avec son père.

Telle est la joie de vivre dévoilée dans Que la terre est basse

« L’enfant : Qu’est-ce que le vent ?

La vieille femme : Sur Mars nous n’avons plus le vent naturel comme nous l’avions sur Terre. Il existe pourtant sur la planète. Mais nous ne pouvons encore en bénéficier pleinement tant que nous ne pouvons vivre ici à l’air libre. Alors nous l’avons imité. Il n’est pas naturel comme il l’était sur Terre, nous ne l’appelons donc pas le vent. Mais tu peux t’en faire une idée. Les grandes hélices qui tournent et brassent l’air pour le renouveler, fabriquent du vent que nous appelons ici le souvenir de l’air. Des ex-scientifiques-chercheurs pensent que bientôt nous pourrons vivre ici à l’air libre, que c’est possible et je le crois volontiers. Tu connaîtras le vent ! »

Jeu de Pistes
Virginie Anselot

L'enfant : Qu'est-ce que le vent ?

La vieille femme : Sur Mars nous n'avons plus le vent naturel comme nous l'avions sur Terre. Il existe pourtant sur la planète. Mais nous ne pouvons encore en bénéficier pleinement tant que nous ne pouvons vivre ici à l'air libre. Alors nous l'avons imité. Il n'est pas naturel comme il l'était sur Terre, nous ne l'appelons donc pas le vent. Mais tu peux t'en faire une idée. Les grandes hélices qui tournent et brassent l'air pour le renouveler, fabriquent du vent que nous appelons ici le souvenir de l'air. Des ex-scientifiques-chercheurs pensent que bientôt nous pourrons vivre ici à l'air libre, que c'est possible et je le crois volontiers. Tu connaîtras le vent !

Entre roman d'anticipation et essai philosophique, Virginie Anselot nous entraîne dans ce récit imaginaire qui pourrait, si nous ne prenons pas garde, devenir réalité.

Quand vous avez quitté le kibboutz, Simon, Marthe et toi, tu m’avais fait la promesse de retourner à Vienne et à Krems avec Marthe. Simon m’a raconté votre départ et ton retour en Autriche seul. Tu as laissé Marthe à Paris, comptant encore une fois sur Simon pour prendre soin d’elle, sans lui donner plus d’explications. Que s’est-il passé au cours de ton séjour à Krems ? Qu’espérais-tu donc trouver dans ce lieu qui n’est plus que le tombeau de votre famille ? Pourquoi ne me donnes-tu plus de nouvelles ? Je sais que mes lettres te parviennent par Simon. Ne laisse pas ton absence envahir tout l’espace ! Yannosh, treize ans se sont écoulés, ne sois pas ton propre bourreau.
Je ne peux pas t’écrire plus longuement, il vient d’y avoir une alerte, nous devons descendre dans les abris. Je t’en prie, cesse ce silence entre nous. Je t’ai pardonné depuis longtemps, je vous ai pardonné. Je t’aime.
Léah

Pour un peuple d'oiseaux
Sarah Oling

Quand le maestro Yann Holdman, vieil homme poursuivi par de puissants fantômes mémoriels, joue une partition mélodieuse, il ne parle plus qu’aux oiseaux.

Pour un peuple d’oiseaux est un roman qui va vous transporter dans les airs doux et harmonieux, car les miracles et les temps de grâce protègent les rêveurs et les utopistes.

« Ils souriaient comme des enfants. Leur sourire était comme l’arc-en-ciel, rare et imprévisible, qui réconcilie le soleil et la pluie et métamorphose le paysage le temps d’un instant. Bonheur précaire que seul le souvenir prolongera, magnifiera pour, enfin, le figer en une nostalgie éternelle.

Il vit en elle des blessures, un immense besoin d’amour, une force hors du commun qui abritait une fragilité certainement ancienne. Elle vit en lui un printemps en attente de l’été et orphelin de l’hiver, un cœur sur le point de naître. »

La Cabane
Philippe Leclercq

Julien et Bérénice se donnent rendez-vous chaque mardi midi dans un lieu étrange, le Dôme.

Là, dans la chambre douze qu’ils baptisent La Cabane, le jeune homme et la prostituée s’aiment en secret.

Un amour contraint et douloureux, limité à deux heures de bonheur chaque semaine.

Jusqu’au jour où l’énigmatique Bérénice déclare à son compagnon tourmenté que leur amour va pouvoir devenir réalité, affranchie et éternelle.

« Dans mon enfance, je me suis enfui dans les rêves pour échapper à un quotidien qui me rendait malheureux et y concevoir un univers enchanteur où je trouvais enfin le bonheur. Je vivais dans ma bulle, isolé loin de tout, loin de la cruauté de la société qui se moquait de mon obésité. Mon cœur cherchait l’amour. Si je le trouvais dans les rêves, je devais bien me l’avouer, il ne viendrait jamais dans la réalité. Un jour vînt la fin de ce rêve ou la terrible descente aux enfers, le cœur effleuré, le cauchemar émergé. J’étais prisonnier dans cette sphère imaginaire tournant en rond sans savoir comment me réveiller. Les murs se dressaient devant moi, se renfermant de jour en jour sur moi-même, sans espoir de le trouver, je me perdais, je devais me retrouver dans la réalité. J’ai quinze ans lorsque je débute le récit d’un passé qui m’a troublé. »

L'aube de ma jeunesse
Stéphane Grare

Stéphane a quinze ans. Malgré une famille aimante, l'adolescent se sent seul et abattu, rejeté par ses camarades du fait de son surpoids. Pour se protéger, il s'imagine un monde parallèle. Dans cet échappatoire onirique où il est le roi, il puise sa force pour mener à bien le combat qui s'amorce, combat contre son obésité, notre société, la réalité… mais aussi contre lui-même.

Stéphane parviendra-t-il à se réconcilier avec cette réalité, celle qu'il évite vainement au fil des jours ?

« Il ferma les yeux mais l’image de la jeune femme sur le banc s’incrustait en permanence sur le fond noir de ses paupières. Il se sentait épuisé mais n’arrivait pas à trouver le sommeil. Il tournait dans son lit, agité. N’en pouvant plus, il alluma la lampe et lut deux nouvelles de Yukio Mishima. Puis il éteignit la lumière, sans grande conviction.
L’image de la jeune femme revint instantanément. Il la trouvait de plus en plus belle au fur et à mesure qu’il pensait à elle. Il ne l’avait vue que quelques secondes mais son visage demeurait gravé en lui. Il fallut attendre cinq heures du matin pour que le sommeil le gagne enfin. A force de penser à elle, il avait fini par céder à l’appel de la libération solitaire, réinventant l’inconnue sous des contours fantasmés. »

L'inconnue sur le banc
Philippe Leclercq

Après le décès brutal de son épouse, Éric plonge dans une solitude glacée et ne voit d'autre solution que l’exil en Bretagne, dans la demeure familiale, isolée à flanc de colline. Le quinquagénaire dépoussière son passé, découvre la monotonie des longues journées d’hiver et cède aux démons de son esprit.

Il pense son salut possible lorsqu’il rencontre Charlotte, jeune femme solitaire contemplant l’horizon sur un banc du port. Porteuse d'un mystérieux secret, elle va lui offrir l'éclat de sa jeunesse et l'ivresse de sa beauté. Mais elle est un ange noir qui menace l'horizon d’Éric...

« Il s’était longtemps demandé comment l’approcher. Curieusement, à son âge, il restait encore meurtri par une adolescence timide et complexée qui le tenait à distance des femmes qu’il estimait inabordables. Pourtant, depuis qu’il l’avait retrouvée par hasard dans le quartier où elle travaillait, il n’avait plus jamais cessé de penser à elle. Alors, il était revenu sans motif, rien que pour l’entr’apercevoir, prétextant qu’il passait par là.
Louise n’avait pas été dupe. Elle avait trouvé cette gaucherie charmante. Elle n’y avait pas été insensible non plus. À la fois intimidée et intriguée par cet homme, elle avait ressenti une attirance assez singulière. Une de celles éprouvées face à un ours, entre crainte et fascination. »

Feu majuscule
Annie-Martine Blanc

Louise, vieille belle au moi dormant qui se méfie des hommes retrouve par hasard Lucas, encore brillant séducteur et amoureux insatiable. Une longue correspondance les entraîne à se noyer dans les mots, se disperser dans la ponctuation, se réprimer dans l'orthographe. Oubliant presque le réel, ils se réveillent dans un baiser de conte, promesse ouverte de ce que pourrait être désormais leur vie. Vont-ils faire de leurs plaies et bosses des reliefs intéressants pour la suite ?

Rester de simples mortels dans une histoire d'amour... presque ordinaire ?

« Lorsqu’ils sortaient, Sarah et Amine ne passaient pas inaperçus. Ils avaient l’air d’être faits l’un pour l’autre, et leur complicité était enviable. Ils avaient toujours des choses à se raconter et le faisaient avec le même enthousiasme qu’à leurs débuts. Les gens leur souriaient, car ils leur évoquaient quelque chose se rapprochant du bonheur. À les voir à leur table, ils donnent l’impression d’être un tout jeune couple, malgré leurs sept années de mariage. Le temps semble s’être arrêté autour d’eux. Si Amine ne masquait pas si bien son humeur, elle percevrait qu’il était pourtant ce soir-là quelque peu ailleurs, pensif. Au fil des ans, il avait pris l’habitude de préserver Sarah de ses états d’âme. Il est troublé par cette phrase qu’il a très distinctement entendue dans son rêve. « Parle-moi de ton plus grand regret », se répète-t-il dans sa tête. »

Le Génie
Sofyen Brahim

Que feriez-vous si vous aviez la possibilité de revenir dans le passé pour réparer une erreur ?

Depuis quelques nuits, une voix interpelle Amine dans ses rêves. Sarah le trouve de plus en plus lointain. Leur tout jeune fils perçoit le changement également.

S’enfonçant peu à peu dans le monde des songes à la recherche de réponses à ses espoirs les plus enfuis, Amine devra bientôt prendre une décision qui pourrait changer le cours de son existence.

Du rêve à la réalité, laissez-vous embarquer dans cette histoire hors du commun au scénario imprévisible.

« Christian Huitorel a tout saisi de ce qui, chez Molière, touche à l’âme. La tendresse humaine. Comme acteur avec une élégance rare, il livre dans ses interprétations une retenue, une délicatesse, qui sont chez Molière synonymes de cette nudité d’âme qui émeut le public populaire qui s’y retrouve.

Comme metteur en scène, il déchiquette avec l’habileté d’un chirurgien ce qui choque, ce qui interpelle, ce qui, chez Molière, rappelle au public ému qu’il pourrait lui-même être à la place du héros confronté aux tourments, à la rage, à la détresse, à la solitude, qui l’encerclent pour nous pousser à en rire comme une libération.

Vous l’avez compris George Dandin ressemble comme un frère à Christian Huitorel. Un homme amoureux, non pas de son épouse, mais de sa passion, le théâtre, qu’il aura servi de tout son cœur et de toute son humilité.

Francis Huster »

La dandinnerie
Christophe Huitorel

Christian Huitorel nous conte avec délice et érudition les joies et difficultés de la mise en place (et scène) d’une pièce de théâtre, ici le fameux « George Dandin » de Molière.

L’auteur, metteur en scène et comédien, nous offre un regard éclairant et humain sur le travail passionné que nécessite une telle entreprise en nous détaillant du début à la fin les affres du processus créatif, du casting aux représentations, en passant par les répétitions naturellement.

Une véritable aventure.

« Les apparitions de Louise réglèrent insensiblement ses journées. Elle venait le matin, pour aviser à leurs affaires ; à midi, ils prenaient ensemble le dîner (presqu’une collation pour Bussy, qui avait toujours préféré d’autres plaisirs à ceux de la table) ; ils se retrouvaient dans l’après-dînée pour quelque lecture ou pour une promenade. En s’appuyant sur son bras, Bussy regrettait que l’Infidèle ne le voie pas – il aurait voulu la blesser, lui rendre un peu du chagrin qu’elle lui infligeait. »

L'Exil illuminé
Christophe Blanquie

Lorsque Louis XIV le relègue en Bourgogne, Roger de Bussy-Rabutin n'a de cesse de retourner à la cour et d'y retrouver ses belles amies. Jusqu'à ce que le charme tenace d'une jeune femme mariée illumine son exil. Pour Mme de La Roche, il est même prêt à reprendre ses manières libertines et à feindre d'aimer ailleurs.

« Pierre quitta la caserne Galbert à Annecy le lundi 3 août 1914, déjà vêtu de son pantalon garance et de son manteau bleu, la tête rasée, sans casque et chargé de tout le paquetage en direction de la gare. Le long du parcours, des hommes, des réservistes ou des territoriaux criaient « À Berlin ! À Berlin ! » et beaucoup de femmes en larmes s’accrochaient à leurs bras. Des drapeaux ornaient quelques fenêtres et des vieux saluaient le détachement en criant « Vive la France ». Les événements étaient allés très vite comme une accélération de l’histoire. Jaurès est assassiné le 31 juillet quand Pierre faisait ses adieux à Clémence. Il n’avait pas souhaité qu’elle vienne à Annecy pour mouiller encore ses yeux. À quoi bon ! Pierre gardait dans toutes ces circonstances une solide carapace, bien que ce jour-là l’apparition de Clémence ait certainement troublé encore sa pensée. À vrai dire, il a toujours refusé la contrainte d’une femme et gardé dans l’action une démarche indépendante et au repos un caractère solitaire. »

L'Aviatrice - Volume 1, 1914-1919'
Jean-Claude Sevin

Dès les premières lignes du roman, il y a la guerre tragique et sombre qui se prépare. Pierre, le héros va traverser les champs de bataille de l’Artois et de Verdun jusqu’à refuser en mai 1916 le combat. Le lecteur le retrouvera déserteur dans une clandestinité riche en péripéties et en rebondissements jusqu’au Proche Orient, sa terre d’exil.

Chronique familiale ? Histoire d’amour ? Roman historique ? Récit d’espionnage ? Thriller ? Fresque du Proche Orient ottoman ?

L’aviatrice est tout cela à la fois. L’auteur croise et conjugue les genres sur fond de guerre. Et dans cette période de 1914 à 1919, on ne sait ce que l’on apprécie le plus : le récit des évènements politiques, les personnages historiques, les tribulations du héros ou l’intrigue amoureuse qui de bout en bout tient le lecteur en haleine.

L’incorporation d’éléments historiques par nature non romanesques à de grands récits captivants par l’expérience existentielle et la pensée métaphysique fait de L’aviatrice un roman global mais aussi polyphonique par le nombre convergeant de personnages.

« J’ai eu trente-deux ans il y a exactement un mois. Ma femme est morte depuis 24 heures et à chaque respiration, mon sang passant dans les poumons se charge de sa mort qu’il emmène dans tout mon corps. J’ai mal. Je n’ai ni cœur ni estomac, j’ai du mal. Partout.
On m’a téléphoné hier soir, il fallait que je vienne à l’hôpital tout de suite. J’ai enfilé son manteau à l’enfant, comme sur un mannequin. Mais les boutons de bois avaient grossi en quelques secondes et je ne pouvais plus les passer dans les boutonnières. Pourtant je m’appliquais, je faisais ça bien doucement.
Le téléphone a sonné de nouveau, c’était le médecin, il m’a dit, « je suis désolé » alors j’ai posé la question pour que quelque chose vienne de l’horreur.
Il souffla.
« On l’a perdue. »

Le Cracheur de Feu
Marie-Agnès Azuélos

« C’était un jour de l’été dernier, nous roulions pour Goualade, elle m’a parlé des résultats des analyses. Je l’écoutais, sans cesser de fixer la route, elle parlait de couple et d’orphelin, du tronc noir des pins magiques, aujourd’hui encore, je sais que je n’ai pas compris. Je tremblais un peu et je disais, on va se battre, elle répondait que toutes les chances étaient de son côté. »

Cherchant à donner un sens à la mort de sa femme, le narrateur entame un long monologue qui se déploie entre Seine et Garonne, en un même fleuve tourmenté de remous sans fin. Le deuil et la souffrance résumés dans ce livre mèneront le héros, devenu cracheur de feu, à la renaissance.

« Deux mini hauts parleurs diffusaient en guise de musique d’ambiance l’hypnotique « Where did our love go » de Soft Cell.

Une chaise, un guéridon avec une coupelle contenant quelques préservatifs et un porte manteau se trouvaient à l’angle de la pièce, au pied du lit. Au fond, dans la pénombre, une petite douche italienne, un lavabo et des toilettes permettaient aux amants de circonstance de se purifier, avant et après leurs occultes ébats. La pièce ne disposait d’aucune fenêtre. Rien qui puisse rappeler l’existence des scooters, des pigeons ou des piétons de la rue. De jour comme de nuit, tout ici était figé en un étrange présent. Quelques mètres carrés de liberté absolue. »

La Cabane
Philippe Leclercq

Julien et Bérénice se donnent rendez-vous chaque mardi midi dans un lieu étrange, le Dôme.

Là, dans la chambre douze qu’ils baptisent La Cabane, le jeune homme et la prostituée s’aiment en secret.

Un amour contraint et douloureux, limité à deux heures de bonheur chaque semaine.

Jusqu’au jour où l’énigmatique Bérénice déclare à son compagnon tourmenté que leur amour va pouvoir devenir réalité, affranchie et éternelle.

« Un mouvement du bateau la fit chanceler et son bras toucha celui de Jack. Reprenant sa contemplation de l’océan, elle n’osait plus bouger. Le contact de Jack sur son bras semblait lui enflammer la peau. Sa respiration se faisait haletante. Pourtant Jack ne bougea pas, il ne retira pas son bras pour éviter le contact. Finalement, au bout de longues minutes, durant lesquelles elle crut défaillir cent fois, il se retourna et lui fit face. La lueur étrange dans ses yeux l’étourdit et l’effraya tout en même temps. Elle crut l’espace d’une seconde qu’il allait l’embrasser. Mais elle se souvint alors qu’elle n’était que le mousse. Finalement, lui tournant le dos brusquement, il s’éloigna en jurant. »

Le Médaillon d'Émeraude
Anne-Sophie Le Bris

Avril 1650, Emma doit fuir Bordeaux. Déguisée en mousse, elle embarque pour les Indes Occidentales afin d’échapper à une mort certaine et pour avoir une chance de rejoindre Londres.

Parviendra-t-elle à dissimuler sa véritable identité, malgré les sentiments qu’elle éprouve pour le Capitaine Spencer…